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Paris Colmar 3 Juin 2001

 

(Voir aussi Paris Colmar 2002)

Transmis par Jean Pierre Vernier

Urbanowski rejoint... Klapa

Au passage du Col du Bonhomme, Gregor Urbanowski savait qu'il allait gagner.

Gregor Urbanowski a remporté, devant Alexeï Rodionov, l'édition 2 001 du Paris-Colmar après 65 heures 38' d'efforts. Avec désormais cinq succès, il rejoint Zbiegniew Klapa, son compatriote polonais, dans la légende. Il était parti prudemment. Derrière Alexeï Rodionov, vainqueur l'année passée, et David Regy, le champion de France des 100 et 200 kilomètres. Et puis, sa belle mécanique - il avait gagné à Colmar en 94, 96, 97 et 98 - s'est mise en route. Le citoyen de Wroclaw, après 210 kilomètres, entre Vitry-le-François et Larzicourt, prenait le commandement. Un commandement qu'il n'allait plus lâcher sur les 325 kilomètres restants.

Deux genoux à terre

Malgré des frayeurs dans la dernière journée - son avance d'1h23' à Epinal tomba à... 46' à Bruyères (km 467) -, il maîtrisa sa fin de course. « Il a joué au pépère en gérant un peu trop » sourit Roger Quemener. C'est à 18 heures 38, après un sacré orage, que Gregor Urbanowski, offrit un joli soleil à Colmar. Et s'agenouilla sur la ligne d'arrivée. « C'est une belle histoire, cette course. Tout mon travail et ma vie sont tournés vers ces trois jours, explique-t-il. Ces cinq victoires bouclent une belle aventure. » Comme les autres marcheurs, il reconnaît avoir « souffert tout au long des 535 kilomètres », mais il a tenu bon. « En fait, ma troisième nuit a été très dure. J'avais du mal à ne pas fermer les yeux. Même si Rodionov revenait sur moi, j'avais un plan de course. » Au pied du Col du Bonhomme, après avoir regardé sa montre, Gregor Urbanowski s'est remis à « cavaler » rendant impossible tout retour. A la moyenne de 8,152 km/heure, le Polonais peut savourer sa victoire.

« Je veux enfin dormir... »

Un petit quart d'heure après avoir franchi la ligne d'arrivée, l'émotion (un peu) évacuée, Gregor il se plaît à... plaisanter. « Maintenant, je vais aller me coucher. Dormir dans un lit, commence-t-il par dire avant de corriger le tir. Je vais toutefois m'offrir deux ou trois coupes de champagne. J'ai soif. » Quarante neuf minutes plus tard, c'est Alexeï Rodionov qui mettait fin à son Paris-Colmar. « Je suis content d'arriver ici, mais je suis déçu. Ce soir, j'ai perdu mon titre, accepte-t-il. Il faut être sportif. Même si j'ai cru pouvoir rattraper Urbanowski jusqu'à 30 kilomètres de l'arrivée, il était simplement plus fort que moi cette année. »

Le doublé de Marlen

Après avoir jeté un regard autour de lui, le Russe, établi à Torcy, où il occupe un poste d'éducateur à... 3 000 francs par mois, avoue avec le sourire. « La victoire de l'année passée m'avait permis de bien manger. J'espère une petite promotion, mais je ne fais pas de marche pour m'enrichir. Le Paris-Colmar est un plaisir de sportif. » Un Paris-Colmar dont le podium devrait être complété par Letessier. Devraient suivre Roditchev, Cécillon et Landormy. Du côté des femmes, après une belle bagarre sur les 360 kilomètres de ce « Châlons-en-Champagne-Colmar », Marlen Radder-Willemes s'imposait. « Je suis très heureuse, car le combat a été beau. Je voyais Poutintseva revenir et j'ai eu peur. » Quatre ans après son premier succès et après quatre ans d'arrêt - elle a été opérée d'un pied - la Néerlandaise arrivait à 20h20 (49h24' de course) à Colmar 24' avant la Russe. « Ce soir, je finis ma carrière et je me mets au... jardinage, sourit-elle. Quant aux six maillots jaunes récoltés, je n'en garderai qu'un. » Le dernier et le plus beau de sa carrière...